Un projet de formation pédagogique pour le personnel enseignant du Collège de la Sainte-Famille des Gonaïves en Haïti

Malgré la crise sanitaire en cours, qui limite considérablement les initiatives de collaboration internationale ou les expériences de mobilité à l’étranger pour la communauté collégiale rimouskoise, le Cégep de Rimouski a réussi à poursuivre un projet pédagogique avec le Collège de la Sainte-Famille des Gonaïves (CSF), en Haïti.

En 2018, une délégation du Cégep de Rimouski s’était rendue au CSF pour faire l’analyse des besoins de perfectionnement des enseignantes et des enseignants, notamment celles et ceux qui étaient sur le point d’implanter l’approche par compétences au secondaire. Annie-Claude Prud’homme, conseillère pédagogique au Cégep, avait alors offert une première formation sur l’approche par compétences au personnel du secondaire. Il était prévu qu’une nouvelle délégation se rende au CSF en 2019 pour poursuivre la formation, mais le contexte social et politique à Haïti a fait en sorte que la mission a dû être annulée. En 2020, considérant la situation encore instable à Haïti et le contexte de pandémie mondiale, il fut proposé de poursuivre le projet à distance, sur Zoom, en étroite collaboration avec le coordonnateur pédagogique du CSF, Jean Noé Alcéus, de manière à s’adapter le plus possible au contexte haïtien. En février dernier, une formation de deux jours en mode synchrone a donc été offerte à deux groupes de vingt enseignantes et enseignants du CSF pour soutenir le développement de leurs compétences, principalement pour « concevoir des situations d’enseignement-apprentissage pour les contenus à faire apprendre, et ce, en fonction des élèves concernés et des objectifs du programme de formation ».

La formation a inclus, en alternance, des présentations magistrales, des exposés interactifs, des exercices pratiques à faire en sous-groupe à partir de plans de cours et de plans de leçons, et des périodes d’échanges en groupe. Des enseignantes et des enseignants du Cégep de Rimouski des mêmes disciplines que celles et ceux d’Haïti ont été invités à participer à des périodes quotidiennes d’échanges sur Zoom. Des personnes de contextes très différents ont donc réfléchi ensemble à des questions pédagogiques et didactiques, ce qui a donné lieu à des ponts interculturels, interdisciplinaires et intergénérationnels intéressants.

À gauche, un des groupes d’enseignantes et d’enseignants à Haïti et, à droite, une partie des intervenants impliqués au Cégep de Rimouski, toutes et tous en séance de travail virtuel (de gauche à droite : Annie-Claude Prud’homme, Barbara Hébert, Jérôme Bossé, Geneviève Lavoie, Caroline Dupont, Caroline Laberge et Gabrielle Thibeaul t-Brisson).

Cérémonie de remise de certificats

Le 10 avril, dans le cadre d’une cérémonie officielle, quarante enseignantes et enseignants du CSF ont reçu de la part de leur directeur général, Père Gérard Dormevil, un certificat attestant de leur participation.

Les enseignantes et les enseignants ayant fait la formation ont été nombreux à souligner la richesse des échanges avec le personnel enseignant du Cégep : « C’est l’échange de nos expériences avec les autres enseignants qui nous a aidés à améliorer notre façon de faire ». Selon le coordonnateur pédagogique du CSF, M. Alcéus : « Nous avons constaté que tout est possible et qu’il faut toujours tenter, essayer! Peu importe les circonstances, on peut faire quelque chose avec nos limites et nos capacités ». Au départ, M. Alcéus avait des réserves par rapport à la formule à distance sur Zoom, il l’a finalement trouvée excellente, tout comme les enseignantes et les enseignants qui ont été surpris de l’efficacité de celle-ci.

Photo prise lors de la cérémonie de remise des certificats, le 11 avril 2021, au CSF des Gonaïves. Tout le personnel enseignant concerné n’a pu être présent pour la photo. Jean Noé Alcéus se trouve à l’extrémité gauche de la deuxième rangée, et Père Gérard Dormevil, à l’extrémité droite de la 2e rangée.

Quant aux échanges entre les enseignantes et les enseignants du Cégep et d’Haïti, ils ont permis d’aborder de grandes questions qui touchent à l’essence même de l’apprentissage, de l’école, de la relation pédagogique, et même de l’histoire des Amériques. « J’avais lu à propos des limites du système d’éducation en majorité privé dont l’accès est réservé aux familles qui peuvent payer uniforme et matériel scolaire. Je savais que la profession enseignante est peu valorisée à Haïti et qu’elle est sous-payée […]. Pourtant j’ai découvert au CSF une équipe préoccupée par la formation de son personnel, soucieuse de répondre à ses réels besoins, et plusieurs enseignantes et enseignants vifs d’esprit, attentifs au bien-être de leurs élèves, informés des approches pédagogiques récentes, conscients de leurs limites personnelles et motivés à en savoir plus. Ce ne sont pas des “vendeurs d’heures” que j’ai rencontrés, comme on appelle parfois les enseignantes et les enseignants à Haïti, mais des personnes très consciencieuses », partage Annie-Claude Prud’homme, conseillère pédagogique au Cégep de Rimouski.

« Voilà une très belle réussite qui met en évidence le dynamisme des activités internationales du Cégep, l’expertise du personnel impliqué et la capacité d’adaptation en temps de pandémie et de troubles politico-sécuritaires qui ont empêché une mission en présence », souligne Jean- François Girard, conseiller en développement des projets internationaux au Cégep de Rimouski. « D’autres activités viendront compléter le projet, dont une rencontre de consolidation pour permettre aux enseignantes et aux enseignants d’échanger sur les apprentissages réalisés et l’intégration de ceux-ci dans leurs cours. Un projet de livre suit également son cours, mené par Annie-Claude Prud’homme et Jean Noé Alcéus », ajoute-t-il.

Ce projet est rendu possible grâce à l’implication du ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF) qui agit en tant que bailleur de fonds et offre un soutien logistique et financier à des organismes québécois pour la réalisation de projets de coopération et de solidarité internationale.

Au sujet du Cégep de Rimouski

Établissement d’enseignement supérieur solidement implanté dans son milieu, le Cégep de Rimouski se distingue par son dynamisme et par l’excellence de la formation qui y est offerte. Le Cégep de Rimouski est considéré comme un acteur important du développement régional. Il offre à 2200 étudiantes et étudiants 27 programmes d’études préuniversitaires et techniques dans des domaines variés et donne des services de formation continue à plus de 5000 personnes. Par leur travail, plus de 500 personnes collaborent à sa réussite, et ce, depuis plus de 50 ans.

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